Lors de l'inauguration du local de l'Association de Médiation et d'Information sur le Handicap, de nombreuses personnalités représentant différentes collectivités locales et nationales étaient présentes. Ainsi le Président du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, Michel DINET, le Président de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, Maire de Nancy et ancien Ministre, André ROSSINOT, le Conseiller Municipal de Nancy et Président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées, Jean-Marie SCHLERET et enfin Dominique FLON, Président du Conseil d'Orientation et de Surveillance de la Caisse d'Epargne de Lorraine nous ont fait l'honneur de s'exprimer sur ce que représentait l'AMIH à leurs yeux.
L'esprit général de leur discours s'est résumé dans les propos de Jean-Marie SCHLERET quand il a rappelé l'importance de la médiation pour le projet de loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Ainsi, nous devrions retrouver la médiation au coeur du fonctionnement des maisons départementales du handicap. En effet, ces dernières devraient être basées sur la pleine participation de tous les acteurs concernés par la question du handicap et notamment les associations.
Pourtant, le choix de « Médiation » ne fut ni un hasard, ni une simple facilité langagière pour ne pas changer de sigle, ni l'expression d'un souci de coller à l'actualité. En fait, il résulte d'une longue évolution ancrée dans les pratiques et la circulation des idées au sein de l'association. Pour cette dernière, la médiation et l'information représentent des solutions d'avenir pour une meilleure intégration sociale de tout un chacun, et particulièrement pour les personnes en situation de handicap.
Mais que peut apporter exactement la notion de « médiation » à l'intégration des personnes en situation de handicap ? Et que recouvre t'elle dans les pratiques et les idées de l'AMIH ?
Les situations de handicap et la médiation
Aujourd'hui, chacun observe les difficultés d'intégration sociale des personnes handicapées dans différents secteurs de leur vie quotidienne: scolarité, travail, loisirs, déplacement, etc. Les différentes lois, en faveur de l'intégration, augmentent les pressions chez les différents acteurs sociaux. Ces derniers ne sont pas tous préparer à accueillir des personnes qui remettent en question les valeurs sur lesquelles s'est construite leur organisation sociale. Des mécanismes de résistance aux changements entraînent une crispation et/ou des sentiments d'impuissance.
Parallèlement, les personnes concernées par le handicap demandent l'application des textes législatifs en faveur de l'intégration sociale. Certaines de ces personnes s'inscrivent souvent dans une démarche de revendication, surtout dans les périodes précédant les réformes. Quelques-unes d'entre elles ne dépassent pas forcément ce stade, cristallisent leur position et rendent impossible toute négociation. D'autres encore s'accrochent à leurs droits et baissent les bras devant les difficultés de leur intégration.
De ce décalage de points
de vue entre les citoyens et les organismes et services publics
naissent des blocages, voire des conflits, aboutissant généralement
à l'échec de l'intégration. Ces situations
délicates nécessitent alors une médiation
afin de rétablir cette coopération et la confiance
entre chacun. Elle peut être utilisée à titre
préventif et/ou curatif selon les situations.
Ainsi, elle peut intervenir pour soutenir une demande d'usager
en direction d'un service public, avec lequel le médiateur
aura préalablement noué un partenariat actif, inscrit
dans le temps et reconnu par eux. La médiation peut, à
l'inverse, être utile pour évaluer les besoins des
personnes pour qui se prépare un service, afin que celui-ci
leur soit le plus adapté possible. En ce sens, elle devient
l'instrument d'une démocratie directe.
Quand la relation entre les parties tourne aux rapports de force, la médiation devient un outil d'aide à la résolution du conflit. Elle débute par l'expression des éléments du conflit à un tiers neutre, reconnu en tant que tel par les parties, pour tenter de mettre leur relation conflictuelle sur un plan plus rationnel. A partir de l'expression de ces éléments, la médiation vise à négocier un objectif commun aux deux parties, une méthodologie et des moyens pour l'atteindre. La médiation évolue ensuite vers un suivi de la réalisation de cet accord, avec la possibilité de l'adapter en fonction des difficultés rencontrées, et ce toujours en concertation et en accord avec les parties.
La position d'interface de l'AMIH
La position d'interface occupe un espace entre différents partenaires pour lesquelles il s'engage à assurer une médiation. Elle permet l'expression de chacun, la circulation de l'information et la résolution de problématiques diverses. Toutefois, elle réclame une reconnaissance de chacun quant à la neutralité de celui qui l'occupe, dans laquelle les acteurs identifient clairement l'absence d'enjeux pour le médiateur, mise à part la réussite de sa mission.
Historiquement, l'AMIH s'est d'abord située à l'écoute des personnes confrontées au handicap, quelle qu'en soit son origine. En même temps, elle tissa un réseau de partenaires associatifs et institutionnels afin de répondre au mieux aux diverses demandes formulées. Ces derniers ont alors perçu la capacité de l'association à s'ouvrir sur son environnement, à écouter les uns comme les autres et à uvrer concrètement pour l'entente et l'intégration.
Depuis, l'AMIH a inscrit clairement
dans ces objectifs et son appellation la mission de médiation
et s'emploie à la proposer à ses interlocuteurs.
Aujourd'hui, les pratiques de médiation et d'information
sont plutôt préventives et visent à apporter
des solutions concrètes aux organismes et services publics
et aux personnes concernées par le handicap. Mais l'AMIH
nourrit également une réflexion sur le montage d'un
dispositif de résolution des conflits en lien avec le handicap,
par exemple dans des situations d'intégration scolaire
ou d'aide à domicile.
Le succès de l'inauguration du local, mais aussi et surtout la qualité des partenariats mis en place ces dernières années, sont la reconnaissance par les usagers et les organismes publics de la capacité de l'association à coopérer en amont des difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap. La reconnaissance du rôle de médiateur qui est donnée à l'AMIH continue de soutenir sa légitimité et sa neutralité dans l'intervention. Elle facilitera peut-être davantage l'expression de tous les éléments des problématiques liées au handicap. En tous cas, elle renforce la volonté de l'AMIH à faire émerger des propositions impartiales avec lesquelles les usagers et les services publics pourront négocier.
Vincent HAREL, administrateur
à l'AMIH.
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