C'est avec une profonde tristesse,
que nous vous faisons part du décès de Sylvie Fondrevey.
Toute notre équipe transmet ses sincères condoléances
à toute sa famille.
Par le texte qui suit, nous lui rendons un dernier hommage.
Bonjour tristesse
Certains mots sont difficiles à écrire : en particulier ceux composant une éloge funèbre. Et lorsqu'il s'agit de celle d'une amie, ils viennent à me manquer tout simplement
Sylvie Fondrevey était l'un des membres fondateurs de l'AMIH. Le guide sur l'accessibilité de la ville de Nancy, en particulier, lui doit beaucoup. Au-delà de son engagement associatif de la première heure, Sylvie était notre amie. Parce qu'elle était la doyenne de notre groupe, nous l'avions surnommée affectueusement « la vieille ». Ce statut particulier lui conférait une autorité morale naturelle. Travailleuse acharnée, son sens de l'engagement au service d'autrui et son indépendance quasi inflexible ont fortement marqué les valeurs qui sont toujours celles de notre association.
Lorsqu'elle était jeune,
Sylvie souhaitait devenir infirmière psychiatrique. A 21
ans, une dysplasie articulaire des hanches l'a contrainte à
se déplacer en fauteuil roulant et à réorienter
ses choix professionnels. Pendant longtemps, elle a été
la voix qui accueillait, au téléphone, les usagers
du GIHP Lorraine. Après une aventure parisienne, au sein
de l'Education Nationale, elle était revenue en Meurthe-et-Moselle
pour prendre part à la création de l'AMIH.
Très autonome et toujours imprévisible, elle avait
décidé en 2000 de s'installer définitivement
au Sénégal pour prendre la responsabilité
de l'infirmerie d'une école primaire à Dakar, puis
rejoindre les rangs d'une organisation non gouvernementale luttant
pour la scolarisation des petits Sénégalais. Au
sein de cet organisme, elle avait permis à plusieurs enfants
handicapés d'accéder aux soins et à l'éducation.
Restés en contact avec elle, pendant tout ce temps, nous
la suivions par mails interposés. Il y a trois mois à
peine, elle s'est rendue en Casamance, à la recherche de
fonds destinés à la construction d'une nouvelle
école.
La romancière Karen Blixen a débuté son autobiographie,
« Out of Africa », par la phrase : « J'avais
une ferme en Afrique » ; celle de Sylvie aurait pu commencer
par : « Je construisais une école en Afrique »
Du coup, madame Blixen fait pâle figure à mes yeux
et nombre d'enfants pleurent également notre amie, sur
cet autre continent.
Au terme de ces quelques lignes, j'ai conscience d'avoir dit ce que Sylvie a fait de sa vie mais pas qui elle était, en fait Encore une fois, les mots me manquent Mais pas autant qu'elle.
Eric Henry
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