2 - Rapport d'activités prévisionnelles 2001.
2.1. Création d'un outil d'évaluation de comportements discriminatoires à l'embauche des personnes handicapées et au service des partenaires de l'insertion professionnelle :
Introduction :
Mon intervention se situe dans le cadre du projet de recherche
conduit en partenariat avec l'AGEFIPH et que Monsieur Harel est
en train d'exposer. Dans ce cadre, nous avons besoin d'observer
au mieux le contenu des demandes concernant l'emploi et faites
à l'AMIH L'outil que nous proposons de mettre au point
concerne des stratégies de présentation de soi dans
une recherche d'emploi. Celles-ci dépendent en grande partie
de l'état de connaissance que les travailleurs handicapés
ont du marché du travail et des différents processus
d'embauche. Or les chiffres que je vais vous soumettre dans quelques
instants montrent que de ce point de vue, il y a un réel
problème.
Méthodologie :
Nous avons identifié un ensemble de catégories ainsi
que les relations qui les unissent et qui rend compte de la totalité
des appels concernant l'emploi, reçus entre février
1993 et décembre 1999. Ces catégories constituent
une grille d'analyse. Puis, nous avons ventilé les différentes
demandes au sein des catégories créées pour
en faire l'étude statistique. Au cours de ces différentes
phases, Monsieur Harel et moi avons travaillé en «
double aveugle », c'est à dire chacun de son côté,
pour garantir l'objectivité de nos données.
La plupart de nos interlocuteurs formulent plusieurs demandes
autour d'un même thème, soit au cours d'un même
appel téléphonique, soit en téléphonant
à notre permanence à plusieurs reprises. Nous avons
pris en compte cet état de fait en introduisant une distinction
entre la « demande primaire » et la ou les «
demandes secondaires ». La première motive l'appel
; sauf rares exceptions, sa formulation est générale
et imprécise. La permanente invite alors son interlocuteur
à préciser sa demande et c'est là qu'une
ou plusieurs demandes secondaires peuvent apparaître.
La progression de ces demandes est une donnée essentielle
que nous avons inclus dans la conception de nos catégories.
Notre grille d'analyse est donc valable pour les demandes «
primaires » et « secondaires ». Cela dit, il
est possible que certaines catégories ne concernent que
des « demandes secondaires ». En soi, cette information
est déjà pertinente puisqu'elle permet de comprendre
certains enchaînements logiques. Pour chaque usager, toutes
les demandes successives ont été encodées,
dans leur ordre d'apparition. L'ensemble fournit un total de 651
enregistrements différents. Je vous signalais que Monsieur
Harel et moi avions travaillé de façon indépendante
et nos désaccords portent, actuellement, sur 8% de ces
enregistrements. Une de nos tâches à venir va donc
consister à affiner encore notre grille d'analyse pour
tomber sous un seuil de désaccord maximum 1%. Concernant
les statistiques présentées aujourd'hui, elles ont
été établies à partir des seuls enregistrements
pour lesquels il y a un accord total. Faute de temps, nous ne
présentons ici que des résultats concernant les
« demandes primaires ». Mais nous travaillons également
sur les « demandes secondaires » ainsi que sur les
corrélations existantes entre les deux types de demandes.
La grille d'analyse est composée de catégories qui entretiennent certains liens entre elles. En fait, il s'agit d'une structure arborescente où le thème général de l'emploi se décline en trois types de demandes : information, soutien et contacts de la part d'organismes partenaires. Chacune de ces catégories est elle-même composée de sous catégories. Ainsi, s'agissant de la catégorie « information », on peut voir que certaines demandes sont centrées sur les activités (« Pré-emploi », « Trouver un emploi » et « Trouver une activité bénévole »). D'autres concernent les aménagements liés à l'emploi (« Régimes de retraite », « Droit du travail », « Organismes spécialisés », « Reconnaissance et classification du TH » et « Retour vers la CSP « Inactifs » »). Enfin, certains souhaitent obtenir des informations sur des problèmes de déplacements, en termes de « Transports professionnels » ou de « Mobilité géographique ». S'agissant de la catégorie « Soutien », l'AMIH est confrontée à des demandes plus diversifiées et du coup, plus difficiles à regrouper. La catégorie « Contacts » a ceci de particulier qu'elle rassemble les échanges entre l'AMIH et les organismes partenaires de l'intégration professionnelle des travailleurs handicapés. Nous n'avons pas calculé de statistiques sur cette troisième catégorie car, depuis 1993, nous n'en avons comptabilisé que trois, ce qui est, bien entendu, trop peu pour en tirer un quelconque enseignement.

La vue suivante montre la répartition des « demandes primaires » dans les trois grandes catégories : « Information », « Soutien » et « Contacts ». L'information prime avec 80% des appels. En soi, cela n'a rien d'étonnant puisque l'information est la vocation principale de l'association. La ventilation de ces 80% entre les différentes sous catégories de l'information est plus révélatrice et c'est ce que nous allons voir avec la diapositive suivante.

Le constat le plus notable que l'on fait ici est que la catégorie « Trouver un travail » prend, à elle seule, près de 50% des demandes d'information. En fait, un interlocuteur sur deux souhaitant se positionner sur le marché du travail ne sais pas comment s'y prendre, ni par où débuter sa recherche d'emploi. Cette méconnaissance complète sous-entend qu'une majorité d'usagers pense que le statut de personne handicapée les confine dans des filières très spécialisées en matière de recherche d'emploi et qu'ils ne connaissent pas. Par ailleurs, il semble qu'ils n'ont pas accès, dans les meilleures conditions, aux organismes proposant des accompagnements de projets professionnels. Ensuite, le thème le plus souvent abordé par les travailleurs handicapés, dans le cadre de demandes d'information concerne les aménagements spécifiques du droit du travail. Si vous souhaitez vous faire une idée de la diversité des demandes entrant dans cette sous - catégorie, je vous invite à consulter votre photocopie de la grille : nous y avons fait figurer quelques exemples de demandes. Enfin, les thèmes « Régimes de retraite » et « Trouver une activité bénévole » ne sont jamais abordés dans le cadre d'une « demande primaire ».

La vue suivante illustre la répartition des « demandes primaires » dans les diverses sous catégories des demandes de soutien. Ici, ce sont les créations ou offres d'emplois qui constituent l'essentiel du contingent des appels. Cela nous permet de faire un parallèle avec ce qui a déjà été dit : les quelques entrepreneurs qui souhaitent spontanément embaucher des travailleurs handicapés sont presque aussi désarçonnés que ces derniers, sur la façon de s'y prendre pour recruter leurs futurs collaborateurs. En seconde position, viennent les problèmes relationnels avec les collègues et / ou la hiérarchie mais également avec les organismes d'insertion professionnelle qui les suivent. Enfin, on note que ni les demandes d'encouragements, ni les demandes d' « aiguillage » vers une personne ressource ne sont abordées dans le cadre d'une « demande primaire ».
Conclusion :
Si on se réfère à la méconnaissance
de nos usagers, tant en matière de demande que d'offre
d'emploi, la conclusion de ces quelques observations est qu'il
y a manifestement un effort de publicité tout particulier
à faire, non seulement à destination des entreprises,
mais également orienté vers les personnes handicapées
elles-mêmes. Ensuite, les organismes et les personnes chargés
de l'intégration professionnelle des travailleurs handicapés
sont encore trop timides dans leur utilisation de l'AMIH comme
canal de communication à destination de leurs bénéficiaires.
Pourtant, c'est un rôle que notre association est prête
à tenir, comme en témoigne l'article de fond consacré
au nouveau service de suivi professionnel de l'AGI, paru dans
l'Handispensable n° 24. Il faut donc espérer que celui-ci
ne reste pas un cas exceptionnel. En tous cas et à la lumière
de tout ce qui vient d'être dit, un travail sur les différentes
stratégies de présentation de soi dans le cadre
d'une demande d'embauche, tel que nous le proposons, semble nécessaire
et pertinent.
2.2. Création d'un poste d'assistant :
Cette création de poste vise à pallier les difficultés
que nous rencontrons à travailler sans local.
Cet assistant aura en charge d'aider aux travaux de secrétariat,
de participer aux tâches d'archivage de documentations,
d'assurer l'installation et la tenue des stands de l'association,
de pourvoir à l'agencement des salles de réunions
et d'activités et enfin de véhiculer les membres
du Conseil d'Administration.
Son contrat devrait débuter le 1er mars 2001, à
raison de 17h33 par mois.
Nous avons présenté notre assistant, qui est Claude
DONZELLE.
2.3. Développement de permanences spécialisées :
Notre voeu à l'AMIH s'est d'éviter aux personnes
handicapées de raconter plusieurs fois leurs difficultés
avant de tomber sur le bon interlocuteur.
La permanente de l'AMIH est directement en contact avec l'usager,
mais son information reste général. Dès que
la demande est trop pointue, elle oriente vers la ou les personnes
compétentes.
À titre expérimental, dans un premier temps, nous
souhaiterions trouver des référents au niveau de
certaines administrations, comme la Caisse d'Allocations Familiales
(CAF), la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement
Professionnel (COTOREP) disponibles, par exemple, une heure par
mois pour répondre aux questions spécifiques de
nos usagers. Ces permanences ne sont pas là pour résoudre
le ou les problèmes d'un simple coup de fil, mais aider
à « débroussailler » le terrain. Ainsi,
la personne pourrait déjà y voir plus clair avant
de lancer son projet.
2.4. Réunion d'information et de réflexions
sur l'A.A.H. (Allocation Adulte Handicapée) en partenariat
avec la CAF :
Cette réunion a pour but d'expliquer ce que c'est l'AAH,
ces mecanismes, ces limites, etc. Nous pensons que cette initiative
pourra également interesser les professionnels (assistantes
sociales, ...).
| [rapport d'activités 2000] |
| |
|