Au fond des choses :
L'accessibilité des transports en commun


Entretien avec M. Christian Parra, adjoint au maire et vice-président à la Communauté Urbaine :

AMIH : Les transports en commun actuels sont-ils adaptés aux besoins des personnes handicapées motrices et sensorielles ?

M. Parra : Moi, je répondrai en grande partie non. Ils ne sont pas adaptés aux personnes qui doivent monter des marches donc aujourd'hui, même si nous avons commandé tous les nouveaux bus à plancher bas, une partie des personnes qui ont un handicap, ne peuvent pas monter dans le bus ; ça c'est une réalité d'aujourd'hui, il faut bien le reconnaître.

AMIH : Connaissez-vous la nature des difficultés que peut rencontrer ce public lorsqu'il emprunte ces transports ?

M. Parra : On ne les connaît pas naturellement parceque ceux qui les connaissent sont ceux qui les vivent mais généralement on est au courant parce que vous nous les faites connaître ou parce que vous travaillez dans une commission spécifique sur l'accessibilité pour les personnes handicapés, avec J.M Schleret. On a commis beaucoup de maladresses dans le passé sans le faire exprès, par exemple par rapport aux mal-voyants. On pensait faire plaisir en faisant certains aménagements comme supprimer les bords de trottoirs. Depuis on a pris l'habitude de travailler avec M. Poncin (représentant les personnes aveugles) qui nous a expliqué, que s'il y avait une grosse bordure c'était un inconvénient pour eux et s'il n'y en avait plus du tout, c'était aussi un inconvénient pour eux, car ils n' arrivent plus à faire la différence entre le trottoir et la route, donc une petite bordure leur est nécessaire ou la mise en place d'un revêtement spécial à l'endroit du passage piétons pour qu'ils puissent faire la différence entre le trottoir et la route en tapant avec la canne.

AMIH : Les nouveaux bus roulant au gaz naturel, qui seront mis en service début décembre 99, seront-ils accessibles à ces personnes ?

M. Parra : Ces bus seront à plancher bas. Tous les bus depuis la dernière commande qui date de 1998, fin 1997, que nous commandons sont obligatoirement à plancher bas. Ceux que nous allons recevoir, qui roulent au gaz naturel de ville, le seront également mais ils ne rouleront pas sur les lignes principales. Par contre se pose, selon le type de handicap, le problème de l'accessibilité à ces bus à partir de stations, or aujourd'hui l'adaptation des stations va se faire sur les lignes principales du tramway sur pneus.

AMIH : Le nouveau matériel du réseau urbain (tramway + bus) va-t-il pallier ces difficultés en totalité ou partiellement ?

M. Parra : A priori, sur les 3 lignes principales, qui concernent les 3/4 des usagers d'aujourd'hui, il y aura toujours un quart qui n'aura pas les mêmes facilités. Sur ces matériels, à notre connaissance aujourd'hui, quel que soit le type de handicap, il sera possible de l'utiliser. Ils seront à plancher bas, de quai à quai, avec un système d'annonce visuel des prochains arrêts mais aussi sonore qui se déclenchera à la demande pour ne pas déranger constamment tout le monde. Ce système sera installé aussi aux arrêts de bus.Les valideurs seront installés à l'intérieur de chaque entrée de bus et seront à peu près à la hauteur d'une personne assise.
Le tramway sera équipé d'un monorail de guidage (puisqu'il est sur pneus), qui va être très utile. Notamment pour l'accessibilité des personnes qui ont un handicap, parcequ'il permet d'arriver au quai à quai et de pouvoir monter à l'intérieur, c'est-à-dire, tout ce qui peut être à l'appréciation du chauffeur, est complètement gommé par le monorail de guidage qui lui, choque bien contre le bord du trottoir. Nous avons évidemment tenu compte du nombre de centimètres, car on nous a dit que ça pouvait poser problème, notamment pour les roues de fauteuils etc. Le plancher sera bas mais il subsistera tout de même une lacune horizontale de 3 cm et verticale de 2 cm, ce qui permet de rentrer sans trop de problème. Les quais seront à 29 cm de hauteur et le véhicule à 32 cm, mais comme il y a un petit affaissement à l'arrêt, celui-ci se baissera un peu.
On a prévu des emplacements pour les fauteuils dans les 3 caisses dont celle du milieu, pour qu'ils puissent rentrer, s'installer convenablement et manoeuvrer aisément pour rentrer et sortir. 25 rames de 3 caisses seront aménagées ainsi. La caisse du milieu sera prévue pour accueillir le public handicapé mais aussi les mamans avec leur poussette ainsi que les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer.
L'adaptation des quais se fera sur les 3 lignes principales. Il faut savoir que ces futures lignes, dans un périmètre de 800 m par rapport aux lignes, seront utilisées par les 3/4 de la clientèle du transport en commun d'aujourd'hui. C'est quand même la majeure partie de la clientèle (Vandoeuvre, Champs le Boeuf, Haut du Lièvre, ...). Parmi celle-ci se trouve 3/4, à peu de choses près, de personnes qui ont un handicap, puisqu'elles sont quand même disséminées à quelques exceptions près. Par exemple, les personnes de l'ALAGH pourront prendre le tram qui passera en haut de l'avenue Pinchard, à environ 300 m de leur Centre, afin d'être déposées en centre ville.

AMIH : Concernant le nouveau matériel adapté aux personnes handicapées, votre choix est-il définitif ?

M. Parra : Le choix du matériel et l'aménagement intérieur s'est fait après consultation du GIHP et l'essai par des personnes handicapées, en respectant toutes les normes COLITRAH (COmité de LIaison pour le TRAnsport des personnes Handicapées) sauf une qui fait encore débat : attaches ou pas d'attaches ? La COLITRAH dit qu'il n'en faut pas. Donc en finalité pour laisser à chacun son libre-choix, des attaches seront installées afin que ceux qui le désirent puissent s'accrocher .

AMIH : Sur cette ligne, quels seront les arrêts de bus accessibles aux personnes handicapées ?

M. Parra : Tous les arrêts seront adaptés sur les lignes 1, 2, 3 sauf pour la partie St Max - Place Barrois jusqu'à Essey qui ne sera pas faite dans un premier temps mais en 2002.

AMIH : Quelle sera la 1ère ligne mise en service et quand?

M. Parra : Ligne 1 (Vélodrome Vandoeuvre jusqu'à la place Barrois) sera utilisable en novembre 2000 sauf retards imprévus.

AMIH : Existe-t-il un numéro de téléphone permettant aux habitants de l'agglomération de vous faire part de leurs remarques concernant les transports ?

M. Parra : Un numéro vert : 0 800 00 2006

AMIH : Nous remercions M. Parra de cet entretien et nous vous engageons, cher lecteur, à appeler ce numéro vert pour faire part de vos problèmes, critiques et/ou suggestions concernant les transports en commun sur Nancy et sa banlieue.

 

 

Suite du dossier :
Entretien avec M. Bonet (Président du GIHP) et M. Apffel (Directeur du GIHP) :
Les transports adaptés aux personnes handicapées sur Nancy et sa banlieue.